Avec en 2017 une valorisation de ses captures à près de 83 millions d’euros, le port de Lorient Keroman s’impose depuis plusieurs années comme un nœud commercial incontournable dans le marché des produits de la mer en France et en Europe. La relative modestie des apports en criée, situés autour de 26 000 tonnes, n’en cache pas moins le réel dynamisme d’un pôle où transitent environ 90 000 tonnes de poisson. De quoi envisager sereinement l’avenir pour une filière qui compte sur place environ 2 500 emplois, dont près de 800 marins pour une centaine de bateaux.
Inauguré en 1927, le port de Lorient Keroman est pour ses habitués un chantier perpétuel. Épousant l’esprit de conquête des marins au rythme des soubresauts de l’histoire, sa transformation reflète depuis plusieurs décennies la profonde modernisation de la pêche bretonne. Cette remise en question permanente des infrastructures répond à l’impérieuse nécessité d’accueillir des bateaux dans les meilleures conditions, de préparer et conditionner rapidement leurs captures, pour les commercialiser au prix le plus compétitif et les expédier partout où la demande l’exige.
Depuis le début des années 2000, environ 70 millions d’euros ont été investis pour moderniser les infrastructures portuaires de Lorient Keroman et 30 millions d’euros supplémentaires devraient être à nouveau injectés d’ici 2022. Plusieurs grands programmes ont été récemment achevés comme la rénovation des bureaux, entrepôts frigorifiques et 36 portes d’accès de la gare de marée, ou encore la réhabilitation d’un bâtiment de 1200 m2 dédié à l’allotissement des caisses de poisson.
Parallèlement à la viabilisation des friches portuaires, ces nouvelles infrastructures confortent le choix des investisseurs privés et l’implantation durable de nouvelles activités à haute valeur ajoutée. L’installation récente sinon la consolidation des activités de sociétés comme Thaëron, Qwehli, Béganton ou Cinq Degrés Ouest donnent ainsi raison à l’ambitieuse politique d’aménagement du port de pêche de Lorient.
A la fin des années 70 et dans les années 80, la pêche française a vécu une modernisation accélérée, avec la construction de centaines de bateaux neufs.
Pour s’inscrire dans la durée, un port de pêche tend nécessairement à développer ses activités avec le souci de respecter davantage l’environnement. Cette attention à l’ordre écologique est d’abord dictée par les marins pêcheurs dont l’effort de pêche dépend étroitement du niveau des stocks de poissons et de leur gestion. A l’image du travail effectué au sein du laboratoire Ifremer de Lorient, des ressources scientifiques et techniques sont indispensables pour mesurer l’impact des engins de pêche sur le milieu naturel et viser à en limiter la pression. C’est ainsi que des chaluts plus sélectifs ont pu être développés ces dernières années, afin d’augmenter l’échappement des juvéniles et accélérer la reconstitution des stocks de poisson.
Comment évolue le débarquement de poissons en France ?
Comment se dessine, selon vous, le port de pêche du futur ?
Quelles réalités un port de pêche doit-il intégrer pour demeurer performant ?